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“Arrogant Criminals” via realrebelradio.net
→ L'intermittence du spectacle
Voici le Storify des articles traitant de L’intermittence du spectacle à quelques mois (décembre 2013) du ré-examen du statut.
Un procès indigne pour les accusées du groupe Pussy Riot à Moscou
Ce qui se passe au tribunal de Khamovniki, à Moscou, où sont jugées Macha, Nadia et Katia, est affligeant. Dans le cas présent, le terme “juger” ne peut être utilisé que dans le sens que lui donnaient les inquisiteurs au Moyen Age. Cet “aquarium” de la salle n° 7 du tribunal, je le connais. Il a spécialement été installé pour moi et Platon Lebedev, après que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a reconnu qu’il était dégradant et en violation de la Convention européenne des droits de l’homme de maintenir des accusés derrière des barreaux.
Cela a donné un moyen de se moquer, avec un cruel raffinement, des gens qui avaient osé porter plainte auprès de la CEDH. L’idée était la suivante : “Ah, vous dites qu’une cage à barreaux, c’est mal ? Eh bien, on va vous en fournir une en verre, un bocal avec une petite fente pour parler aux avocats où il faut se tortiller, le dos voûté, pour leur dire quelques mots.”
En été, on s’y sent comme un poisson tropical : il fait chaud, et l’air conditionné de la salle n’y pénètre pas. Il était pénible pour Platon et moi d’y passer des journées entières. Je n’imagine pas comment les pauvres filles s’y serrent à trois… J’ai lu que la juge avait refusé des requêtes sur la réduction du temps des audiences ainsi que des demandes pour appeler une ambulance.
Lorsque l’on vous amène de la prison au tribunal, cela se passe de la façon suivante. Tout d’abord, on vous réveille bien avant le petit-déjeuner, puis on vous laisse “mariner”, recroquevillé, dans le “bocal” pendant le transport qui dure au moins deux heures à cause des embouteillages. J’étais alors détenu à Matrosskaïa Tichina, au centre de Moscou, mais les filles sont amenées depuis le quartier de Petchatniki, à savoir deux fois plus loin. Elles font trois heures de trajet à l’aller, et autant au retour.
En prison, elles subissent deux fouilles corporelles humiliantes à l’aller puis au retour. Et elles subissent deux fouilles supplémentaires, effectuées par leur escorte. Au total, au moins quatre fouilles par jour. A la sortie du véhicule, on leur passe des menottes et on les traîne à l’entrée du tribunal. Elles n’ont que dix secondes pour remuer la tête, et jeter un regard sur le monde libre. Si elles ont de la chance, elles verront des visages familiers. C’est pour cela qu’il est si important d’être “accueilli” car, à cet instant, chaque sourire de soutien vaut son pesant d’or. C’est ce sourire qui aide à mettre de côté six heures d’outrages subis depuis le réveil, et à entrer dans la salle d’audience en se sentant comme un être humain.
Au tribunal, on les amène soit dans la salle, en les traînant dans les escaliers avec un bras enchaîné à celui du gardien, soit dans une cellule spéciale, dite “konvoïka”, pour attendre leur tour.
Une fois dans la salle, c’est dans cet aquarium où l’on exige qu’elles réagissent de façon adéquate au procès, qu’elles répondent aux questions, qu’elles suivent les dépositions des témoins… Mais comment peut-on suivre un procès dans ces conditions-là ? Dans leur cage de verre, les filles n’ont même pas la place de poser un bloc-notes. Elles ne peuvent écrire que sur leurs genoux, si leur dos le leur permet… Sinon, elles n’ont qu’à espérer que les avocats auront tout marqué, et que le juge leur accordera du temps pour un échange avec eux.
A la pause, on a droit à une ration sèche. Des pâtes et du sarrasin crus. Il ne s’agit même pas de sachets de nouilles à préparation instantanée, c’est bien pire. Pendant que ces pâtes se ramollissent dans l’eau bouillante pour être mangeables, les vingt minutes de pause sont écoulées. J’ai cessé de manger dès la deuxième semaine de mon procès : il valait mieux boire seulement de l’eau.
Et voilà, la séance est terminée, et chacun rentre chez soi. Mais les accusées, de nouveau menottées, font le trajet du retour. Elles arrivent après le dîner. Elles ne pourront prendre une douche que samedi. C’est la vie… Leur “journée de travail” aura duré vingt heures. On sonne le coucher. S’il y a une séance demain, on les réveillera dans trois heures, et la “procédure” se répétera.
Je ne sais pas comment elles tiennent le coup… Il n’est pas d’usage d’en parler au tribunal car personne ne vous pose la question. Il n’est pas d’usage de s’en plaindre à la direction de votre prison car pour elle, c’est un régime ordinaire. Si vous vous plaignez, on vous réveillera une heure plus tôt et on vous ramènera une heure plus tard que prévu. Mais le juge est au courant de ce régime. Est-ce une torture ?
Une durée trop courte pour prendre connaissance du dossier et une prolongation du maintien en détention préventive font partie de l’arbitraire usuel, mais les séances de onze heures au tribunal, sans une seule pause normale même pour le déjeuner, indiquent une volonté spéciale. Le tribunal exécuterait-il des ordres de terminer l’instruction à l’audience, voire les plaidoiries, avant la fin des Jeux olympiques, tant que les médias du monde entier sont occupés et que notre honte reste à la périphérie de leur attention ?
Pourtant, le procès de ces filles est une honte pour notre grand pays, ce pays d’humanistes et de scientifiques célèbres, qui se transforme d’un coup en une province arriérée. Je me sens outragé et honteux. Pas à cause de ces filles mais à cause de l’Etat dont l’impudence déshonore notre Russie. On nous a privés d’une justice honnête et indépendante, de la possibilité de nous défendre et de défendre les gens de l’arbitraire.
Si nous rencontrons - dans la rue, dans un magasin ou au théâtre - ceux qui, en échange d’argent et de privilèges, violent les lois, il est de notre devoir de leur expliquer publiquement, poliment mais clairement, pourquoi nous ne les respectons pas et pourquoi nous allons nous opposer à leurs agissements de toutes nos forces.
C’est ainsi que nous pourrons garder le respect de nous-mêmes. J’appelle les personnes pensantes, cultivées et simplement bonnes, à envoyer des mots de soutien aux filles. Votre soutien est très important pour celles qui, par la volonté de forces mauvaises, se trouvent en prison.
Traduit du russe par Galia Ackerman
Mikhaïl Khodorkovski, ex-président du groupe pétrolier Ioukos
Mikhaïl Khodorkovski est incarcéré dans une colonie pénitentiaire de Carélie, au nord-ouest de la Russie.
Le procureur a requis, mardi 7 août, trois ans de détention en camp d’internement contre les trois jeunes femmes du groupe Pussy Riot, jugées à Moscou pour avoir chanté une “prière punk” anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur, en février.
Pendant ce temps là à Montréal : “Ma journée en prison pour avoir lu 1984 dans le métro”. Marilyne Veilleux, étudiante maître en sciences de l’information à l’Université de Montréal, est probablement une dangereuse terroriste. Elle lit Orwell en public ! “En ce dimanche 10 juin 2012, j’ai tenté de participer à une manif-action consistant à me déplacer pendant quelques heures du métro Berri au métro Jean-Drapeau en vue de manifester pacifiquement mon désaccord face au Grand Prix de Formule 1, évènement qui prône ce que je considère comme étant des idéologies sexistes. Vêtue d’une robe fleurie et d’un sac rempli d’objets dangereux tels qu’une pomme, une bouteille d’eau et trois livres, j’ai voulu pointer du doigt la haute présence policière et l’attitude frôlant le terrorisme du SPVM depuis le début du conflit gouvernemental en lisant calmement 1984 de George Orwell, un roman d’anticipation présentant une société prise avec un régime policier totalitaire. Après m’être faite fouiller par un policier à mon arrivée au métro Berri-UQAM, j’ai pris place dans un wagon en direction de la station Jean-Drapeau, mon livre à la main. Lors de mon retour vers le centre-ville, j’ai lu face à un policier et une femme a lu avec moi, par-dessus mon épaule. Nous avons été prises en photographie et le policier, voyant que nous étions deux dangereux personnages, a appelé son équipe en renfort pour nous accueillir en bonne et due forme à Berri. Avec les autres passagers du wagon, nous avons été placés face contre mur et nous avons ensuite été amenés à l’extérieur, par les sorties de secours, où on nous a dit de ne pas revenir sous peine d’être arrêtés. Aucune réponse lorsque j’ai demandé ce qu’il y avait de mal à lire dans le métro. J’ai commis un acte irréparable de désobéissance civile en redescendant dans la station et en retournant lire dans un wagon. Lorsque les policiers m’ont vu manger ma pomme, ils m’ont crié qu’ils reconnaissaient mes tatouages et m’ont interceptée. J’ai demandé ce que j’avais fait de mal, autre que de lire pacifiquement, et j’ai eu pour réponse que j’avais désobéi à leurs ordres. J’ai reposé ma question, à savoir ce qu’il y a de mal à être dans le métro à lire, et je n’ai pas eu de réponse. On m’a mise en état d’arrestation et les deux policiers se sont fait un chaleureux high five pour se féliciter de leur bon travail. On m’a amenée, telle une criminelle, au centre de détention du SPVM au centre-ville de Montréal, où on m’a prise en photographie sous toutes mes coutures. Après avoir enregistré tous mes effets personnels, les policiers m’ont conduite à la cellule 52 où étaient présentes trois autres femmes. J’ai passé la journée derrière les barreaux, autour d’une toilette sale, couchée sur un banc, sans savoir quand j’allais être relâchée, pour avoir lu dans un wagon de métro et pour avoir récidivé à cet acte révolutionnaire. Vers 15h30, j’ai été libérée avec un constat d’infraction me disant que tout ce cirque avait eu lieu pour un refus de circuler. État policier ? J’ai honte de mon Québec. ” - Marilyne Veilleux
“Belles de match” via arretsurimages.net
Photos prises le 6 mai 2012 entre 20:00 et minuit, place de la Bastille, Paris - Cannon EOS 550D /cc Nicolas Voisin & Armelle Lavergne
László Moholy-Nagy. 7 A.M. (New Year’s Morning).
“Moholy-Nagy was a painter before he became the major proselytiser of the new vision at the Bauhaus, and he was both of these before he was an active photographer. His experience with the abstract organization of pictorial space and with the school’s design curriculum clearly inform this photograph. A less sophisticated artist would not have seen that a picture could be hung on such a minimal scaffold of small incidents, traces, and shadows, precisely related.”





